Un « Avent »..du déconfinement en France

Sinon, que souhaiter pour ces dernières semaines de l’année ? Espérer un 15 décembre vraiment déconfiné ? Et pour  Noël une heureuse sobriété ? Pourquoi pas, mais surtout : que 2020 s’en aille au plus vite ! Nous étions quelques-uns, je me souviens,  à lui avoir fait crédit en ses tous premiers jours, parce que 2020 ça sonnait bien, ce chiffre  rond, pour arrondir les angles durs : deux fois vingt, pour ne pas espérer en vain, avions-nous fredonné autour d’un verre de vin.. Mais au fur et à mesure de l’année,  la fraction 20 sur 20 s’est transformée en soustraction , et comment pourrait-il en être autrement ?

20 en 2020.
Un nouveau slogan ? Non, c’est le nombre de kilomètres de sortie autorisée hors de chez soi en cette fin d’année. Un « Avent »..du déconfinement ?  Ne faites pas la grimace, c’est un progrès ! Rappelez -vous que la jauge était  de 1 km il n’y a pas longtemps.

C’est une sale note que nous collons à ce chiffre (trop rond pour être honnête..). C’est que la note est salée pour tous. Elle a fait dégringoler  comme jamais la moyenne générale de notre moral, de l’économie et de tout le reste.

C’est aussi une année qui nous aura, au quotidien, assaillis de chiffres, de pourcentages, de statistiques et de calculs à nous en donner le tournis.  De certains, plus que d’autres, on se souviendra.

55 : durée du premier confinement.
135 : l’amende en euros pour les zéros (de conduite).
38 : l’irruption de la fièvre.
11 : du mois de mai,  jour de la Libération.
21 : l’heure du couvre- feu

Mais surtout, il y eut les gros chiffres, ceux qui  impressionnent et nous ont angoissé tout au long de l’année : nombre de contaminations, hospitalisations, réanimations, décès, lits occupés, tests et testés, tout y est passé, ou presque.

A présent, c’est  30 qui a la cote. On aurait bien voulu le mettre à la porte celui-là.  En effet, que d’opérations et de contorsions ce chiffre a provoqué dans nos discussions pour calculer le comment -du -combien- du- maxi- du- mini nous pouvions organiser en corps et mètres carrés pour arriver à des assemblées autorisées ! Il paraît que cela va changer d’ici peu, tant mieux. Que de mal s’est-on donné pour rester dans les clous….

Serait-il possible de vivre sous la grâce, sans calcul ? Et Dieu dans tout ça ?
A défaut d’avoir Son avis sur la question des chiffres, la Bible ne pourrait-elle pas nous aider ? Et que dit-elle ? (à supposer qu’elle dise quelque chose en dehors de nous et qu’elle nous parle d’une seule voix )

J’ai voulu y faire un tour, et ..surprise : ce fut un vrai détour, une grande traversée, bref : un long voyage qui me fit largement dépasser, sans l’attestation adaptée, les kilomètres autorisés.

Ce n’est pas fini, je vais vous décevoir …car dans la Bible  aussi, qu’est-ce qu’on peut compter, c’est incroyable !

5 pains et 2 poissons : ce que le partage avec Jésus permet de multiplier
6 jours  pour créer le monde.
7 comme le 7ème jour pour le repos.
10 : comme les dix paroles du Décalogue, plus faciles à répéter qu’à pratiquer.
12 : le nombre d’apôtres des Evangiles, mais ailleurs ils sont 70, et là-bas 72..
40 jours et 40 nuits confinés dans l’arche avec Noé (ils étaient plus de 30, croyez-moi)
40 : comme les 40 ans dans le désert, avec de la manne au menu, et amende en cas de stockage
75 : l’âge d’Abraham non pour son départ à la retraite mais envoi en mission vers un pays dont il ne savait rien.
153 : le gros lot d’une pêche de poissons en Galilée après Pâques.
450 : années d’esclavage à suer au pays des pharaons (les Hébreux s’en souviendront).
5000 : la foule enseignée et nourrie par Jésus, qu’il fait asseoir sur l’herbe verte.
Et ainsi de suite.

Mais comme souvent dans l’Evangile, c’est le plus petit qui est le plus grand : le Un, symbole du Dieu unique qui, d’Abraham à Jésus -Christ n’a cessé d’être prié, chanté et loué.
Le Un nous met au calme, il nous repose de la pesanteur  et des calculs. Il nous dirige vers des eaux paisibles, il restaure notre âme.
Et si pendant une journée, quelques heures, voire un temps de culte, on se reposait des chiffres ?
Et si pendant quelques instants, on s’arrêtait de compter ?  Et qu’au lieu de ne compter que sur nous-mêmes, nous essayions de compter un peu …sur Lui ?

« J’ai tout remis entre tes mains, que ce soit la mort ou la vie, la santé ou la maladie, le commencement ou la fin, j’ai tout remis entre tes mains », dit un vieux cantique.

Titia Es-Sbanti, 

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